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LADTFDLNAu lendemain de la victoire d’Austerlitz (2 décembre 1805), haranguant ses troupes, Napoléon leur annonce  « Vous rentrerez dans vos foyers en passant sous des arcs de triomphe ! ». Empruntant les codes de l’antiquité, l’Empereur a dans l’idée de faire ériger dans la capitale un ou plusieurs monuments pour rendre de manière durable gloire aux armées impériales. Cette magnifique idée mettra dans les faits beaucoup plus de temps pour se réaliser. La première pierre de l’arc sis sur l’actuelle place de l’Etoile,  en haut des Champs Elysées, est posée le 15 août 1806 mais son inauguration n’aura lieu que… 30 ans plus tard.

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©Editions du Signe

« L’Arc de Triomphe a été conçu et voulu par un empereur, Napoléon Ier ; il fut construit par un roi, Louis-Philippe ; et c’est la République qui décida d’y installer la tombe du Soldat inconnu. C’est dire que ce lieu réunit de façon symbolique toute l’histoire de France, histoire qui s’est construite avec le sang français, celui de ses soldats et de ses citoyens… » Voilà comment le général d’armée Bruno Dary résume l’histoire mouvementée d’un monument double doté d’une portée mémorielle exceptionnelle.

Sous le patronage des différentes associations patriotiques et du Service historique de la Défense, au travers de l’album L’Arc de Triomphe, Flamme de la Nation, les Editions du Signe proposent de découvrir en images et de manière très fouillée tout ce qui a trait à ce monument. Le dessin, très classique, est efficace. Le propos est didactique et ludique.

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©Editions du Signe

Chrono-thématique, le récit permet de couvrir de nombreux aspects liés à l’Arc de Triomphe, qu’il s’agisse du choix du lieu d’érection, de la réalisation de l’ouvrage lui-même, objet de discordes entre architectes, des décors hautement symboliques qui transforment l’hommage initialement restreints aux soldats de l’Empire en hommage « Aux armées françaises depuis 1792″… ainsi que des épisodes plus ou moins connus où il occupe une place centrale entre 1806 et 2012. 

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©Editions du Signe


Décryptage des façades de l’Arc de Triomphe

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© La Flamme

Je recommande une page très instructive concernant les 660 noms qui figurent sur l’Arc de Triomphe. Recensement par catégories, par campagnes, fiches biographiques… réjouiront les férus de faits militaires. 


J’ai découvert notamment un évènement dont je ne n’avais jamais entendu parler : l’usage de l’Arc de Triomphe comme d’un « fort avancé » pour l’artillerie durant la Commune. J’ai lu ailleurs et sans pouvoir remonter les sources que les insurgés y auraient installé jusqu’à 5 pièces et que les ripostes tirées par les Versaillais depuis le Mont-Valérien avaient endommagé certaines sculptures. 

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©Editions du Signe

Les dessins reprennent aussi souvent que possible les archives et documents illustrées afin de coller le plus possible à la réalité. On le voit lorsqu’on compare l’illustration avec, ci-après, l’une des rares représentations de cet épisode concernant la Commune ou encore avec la transposition du défilé du 14 juillet 1919. 

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L’un des compléments les plus intéressants pour accompagner cette lecture demeure pour moi le dossier pédagogique sur l’Arc de Triomphe du Centre des monuments nationaux. Il développe en particulier un sujet mineur traité par la BD : les différentes restaurations du monument dont la dernière en date concerne non plus l’édifice mais l’exposition permanente qui soutient la visite.

Un autre point traité en filigrane par la BD est l’absence de « couronnement « , soit la partie terminale supérieure de la construction. Un point qui me semblait crucial car je ne sais pas si beaucoup de gens le réalise. D’autant que pour que l’Arc remplisse entièrement sa fonction telle qu’imaginée initialement et contrairement à d’autres arcs existants, il manque paradoxalement l’oeuvre centrale que l’arc, sorte de piédestal décoré monumental, doit mettre en valeur, à l’instar de celui du carrousel du Louvre.

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Il y a bien eu des essais temporaires et de nombreuses propositions telles qu’une effigie de l’Empereur dressée sur un butin d’armes, Napoléon sur un globe terrestre, une étoile, un aigle, un quadrige ou même le fameux éléphant de la Bastille initialement envisagé justement à la place de l’Arc de Triomphe…


Quelques exemples de projets de coiffe 

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Le projet de Falguière. Un modèle grandeur nature fut de fait installé en 1882. L’oeuvre, délabrée, demeurera en place jusqu’en 1886. Il s’agit là de  l’une des tentatives les plus connues car le modèle fut voilé en signe de deuil lors des obsèques de Victor Hugo.

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L’apothéose de Napoléon par James Pradier (© RMN-Musée du Louvre /MARTINE Beck-Coppola). Dans une lettre adressée au futur Napoléon III, datée de 4 jours avant la mort de l’artiste (31 mai 1852), Pradier plaide sa cause  » Mon Prince,   Dans l’espérance que je ne vous importune pas au milieu de vos généreux travaux, permettez-moi de rappeler à votre souvenir le projet de couronnement de l’arc de l’Étoile que vous avez eu la bonté d’agréer. Soyez persuadé, mon Prince, de l’effet certain qu’il produira : ce sujet a été traité chez les anciens Romains dans leur beau temps des arts. L’apothéose seule est digne du grand Empereur, votre illustre oncle (dont je suis fier d’avoir été un moment le protégé dans ma jeunesse). L’aigle seul est un accessoire représenté déjà dans toute la sculpture de l’arc et serait pauvre sur un grand monument élevé à la gloire de Napoléon. Il faut donc ou le triomphe ou l’apothéose. Ce dernier projet est plus neuf et coûterait moins. Pour moi, mon Prince, je ne vous demande que l’honneur d’exécuter ce travail qu’un grand concours m’a adjugé, croyant en être digne par mon talent et ma position. Je désire ardemment mériter de votre part, mon Prince, cet acte de justice sans lequel l’effet fâcheux pour moi semblerait une disgrâce que ne méritera jamais. Votre bien respectueux et dévoué. « 

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La France victorieuse de Gabriel Bernard Seurre ©RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

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L’éléphant de la Bastille immortalisé dans Les Misérables de Victor Hugo ©Editions du Signe

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Un projet farfelu d’hôtel panoramique


Le second sujet de fond abordé par la BD concerne bien évidemment la tombe du Soldat Inconnu. Le Panthéon doit servir de lieu d’inhumation à un combattant sans nom qui représentera tous les morts au combat non identifiés. Les associations d’anciens combattants récusent ce choix et préfèrent que ce mort emblématique soit honoré à l’Arc de triomphe. A compter de 1919, une campagne de presse relaie l’idée qui finit par s’imposer.

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©Editions du Signe

La loi relative à « la translation et à l’inhumation des restes d’un soldat français non identifié » est finalement adoptée à l’unanimité par les députés le 8 novembre 1919. Chaque famille française pourra le reconnaître comme sien « fut-il le plus humble des citoyens, ouvrier ou patron, paysan ou bourgeois, illettré ou savant, patricien ou plébéien » (Georges Maurisson, rapporteur du projet).

Article 1. Les honneurs du Panthéon seront rendus aux restes d’un des soldats non identifiés au champ d’honneur au cours de la guerre 1914-1918. La translation des restes de ce soldat sera faite solennellement le 11 novembre 1920.

Article 2. Le même jour, les restes du soldat inconnu seront inhumés sous l’Arc de Triomphe.

Encore fallait-il trouver qui on allait inhumer. Dès le 3 novembre, André Maginot, Ministre des Pensions, avait fait connaître les directives « pour faire exhumer, […], le corps d’un soldat identifié comme français, mais dont l’identité personnelle n’aura pu être établie ». L’ancien front est divisé en neuf secteurs : Flandres, Artois, Somme, Marne / Ile-de-France, Chemin des Dames, Champagne, Verdun, Lorraine et Alsace.

Le 9 novembre, les cercueils de chêne sont acheminés par automobile jusqu’à la citadelle de Verdun. L’une des casemates, l’écoute n° 1 (galerie souterraine) est aménagée en chapelle ardente. Pour l’occasion, les murs ont été drapés de toile blanche et blanchis à la chaux. Des lampes électriques voilées de mauve et des cierges placés dans des douilles d’obus fournissent l’éclairage. La garde d’honneur est assurée par une compagnie du 132ème régiment d’infanterie.

Finalement seuls 8 cercueils arrivent car un doute subsiste sur l’un des corps exhumés. Plusieurs ont été échangés de place pour préserver l’anonymat de provenance. Outre le ministre de la guerre, sont présents Mgr Ginisty, évêque de Verdun, le Commandant-major Lespinasse et le maire de Verdun, Monsieur Robin.

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©Archives nationales

Le 10 novembre, c’est à un jeune soldat de la garde d’honneur que va revenir la lourde tâche de désigner le cercueil qui rejoindra le caveau sous l’Arc. En effet, le soldat pressenti, « un ancien poilu de 2ème classe, le plus méritant possible », a priori un Martiniquais, tombe malade (crise de typhoïde) à quelques heures de la cérémonie.

Originaire de Saint-Vaast-la-Hougue (Normandie) et né à Cherbourg le 12 juillet 1899, Auguste Thin est commis épicier lorsqu’il s’engage à Lisieux le 3 janvier 1918. Il participe à la contre-attaque en Champagne dans les rangs du 243ème régiment. Il y est gazé. En novembre 1920, il est à Verdun. Il lui reste 3 mois de service à accomplir. Rendu à la vie civile, il mène des actions en faveur des veuves de guerre. Il décède le 10 avril 1982 à Beauvais. Il est décoré de la Légion d’honneur sous l’Arc de Triomphe par François Mitterand peu avant son décès.

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Tombe d’Auguste Thin

Dès le choix effectué, le cercueil est transporté sur l’affût d’un canon tiré par un attelage jusqu’à la gare de Verdun. Lors du passage du convoi dans la ville, les cloches des églises sonnent à toute volée. Le convoi funèbre s’arrête devant la mairie où le maire épingle sur le cercueil la Médaille Militaire de Verdun. 3 couronnes sont ensuite déposées par des parents de soldats disparus :  la première par une mère, une seconde par un père et une troisième par un orphelin.

Ensuite, le Soldat Inconnu prend la direction de Paris où il arrive dans la nuit. Une chapelle ardente est organisée place Denfert-Rochereau.

Le transfert du cercueil sélectionné vers l’Arc de Triomphe a lieu le 11 novembre. Béni par l’archevêque de Paris et ancien évêque de Verdun, Mgr Louis-Ernest Dubois, après le recueillement de la foule présente, le cercueil est monté dans une salle au 1er étage du pilier gauche de l’Arc de Triomphe. Celle-ci sert de chapelle ardente en attendant que la tombe soit creusée. En effet, il faut être prudent pour ne pas risquer d’affaiblir les fondations des piliers qui supportent chacun le double du poids de la Tour Eiffel. 

Au même moment, les 7 autres cercueils demeurés à Verdun sont inhumés dans le carré militaire du cimetière du Faubourg Pavé, situé à l’entrée de Verdun. Auguste Thin est présent.

Le cercueil de l’Arc de Triomphe est gardé jour et nuit par un piquet d’honneur. Il est enfin inhumé à son emplacement définitif le 28 janvier 1921.

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La chapelle ardente dressée place Denfert-Rochereau. Le cercueil du Soldat Inconnu est gardé et veillé toute la nuit. ©Archives nationales

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Le coeur de Gambetta est transféré en même temps que le cercueil du Soldat Inconnu en arrière-plan ©Archives nationales

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La chapelle ardente sous l’Arc de Triomphe ©Archives nationales

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A gauche, le cercueil du Soldat Inconnu, au fond du caveau, est recouvert d’une draperie tricolore frangée d’or, et, à ses pieds, sur un coussin de velours rouge, trois croix ont été épinglées: Légion d’Honneur, Médaille Militaire, Croix de guerre. A droite, la dalle qui recouvre le tombeau, en granit de Vire ©Archives nationales


Récit de la cérémonie d’inhumation du 28 janvier 1921 par Stéphane Lancanne, journaliste pour Le Matin

28 janvier 1921, 8 heures du matin, place de l’Etoile.

Une vague de brume recouvre Paris comme un linceul. Cependant, des lueurs roses s’allument dans le ciel matinal, un étrange soleil d’hiver profile son disque rougeâtre. Les troupes, immobiles et figées par le froid, font le cercle. Une assistance silencieuse se presse sous l’arche de Gloire.

Entre les deux piliers qui font face aux Champs-Elysées et sur lesquels sont plaqués le Triomphe de David et le Départ de Rude, un caveau est creusé et, près de ce caveau, sur deux trépieds, le cercueil du Soldat Inconnu est posé. Il est recouvert d’une draperie tricolore frangée d’or, et, à ses pieds, sur un coussin de velours rouge, trois croix ont été épinglées: Légion d’Honneur, Médaille Militaire, Croix de guerre.

Il y a là tout autour, simples et graves, les chefs de l’homme qu’on va mettre au tombeau, ceux devant lesquels, non loin du champ de bataille, il défila sans doute, quelque jour de parade ou quelque veille de combat.

Il y a Joffre dans son manteau sombre de troupier, Foch et Pétain dans leurs capotes bleues horizon, et Nivelle et Gouraud. Il y a le mutilé Maginot, chef des mutilés de France. Il y a des femmes en deuil, pleurant des fils qu’elles ont perdus et qu’on n’a pas retrouvés.

Il y a trois des peuples qui combattirent côte à côte avec nous pour la cause du droit: l’Angleterre, représentée par M. Lloyd George, l’Italie, par le comte Sforza, la petite mais si grande Belgique, par M. Jaspard et M. Theunis. Il y a surtout la pitié émue de la foule lointaine que nous sentons, dans cette âpre matinée de janvier, flotter doucement autour de nous tous.

A 8h30, un bref commandement retentit. Les troupes présentent les armes, les clairons sonnent « Aux champs ». Du brouillard des Champs-Elysées, on voit émerger un cortège très simple, quelques automobiles escortées par des pelotons motocyclistes. De la première voiture descend le ministre de la guerre. Il apparaît tête nue, des gants blancs aux mains. Il s’avance rapidement vers le groupe officiel, qui a fait cercle autour du cercueil, rend aux maréchaux leur salut et s’approche de M. Lloyd George, qu’il voit au premier rang: « Je vous remercie, dit-il d’une voix basse, d’être venu. La France entière sera touchée par votre présence. »

Puis, s’étant incliné devant le cercueil, M. Louis Barthou, face à la voie triomphale des Champs-Elysées, prononce les paroles suivantes: « Au nom de la France pieusement reconnaissante et unanime, je salue le Soldat Inconnu qui est mort pour elle. Cette Légion d’Honneur, cette Médaille Militaire, cette Croix de Guerre que je dépose sur son cercueil sont plus et mieux qu’un symbole. Elles sont l’hommage suprême de la Patrie aux Héros obscurs et anonymes qui sont tombés pour elle. Les morts, surtout ces morts, commandent aux vivants. Obéissons à leurs voix pour faire dans la Paix qu’ils ont conquise, une France unie et laborieuse, consciente et forte. »

Si les premières paroles ont été dites sur le ton claironnant habituel à M. Louis Barthou, peu à peu la voix du ministre de la guerre, sous l’empire d’une émotion dont il n’est pas le maître, est devenue martelée et tremblante. Cependant chaque mot a résonné sous la voûte de gloire et est tombé sur la foule, immobile comme les arches de pierre.

Alors les tambours battent à nouveau, les clairons sonnent encore et, tandis que la Marseillaise se fait entendre, six soldats du 1er Génie se mettent en devoir de descendre le corps dans sa dernière demeure. Ils passent une corde autour du cercueil et, d’un effort à la fois puissant et souple, le laissent glisser dans le caveau.

On le recouvre de la draperie tricolore, on y met le coussin avec les croix et on dépose aussi les gerbes de fleurs et les couronnes qu’ont apportées les trois délégations de Belgique, d’Italie et d’Angleterre. « Vive la France! » crie une dernière fois M. Barthou tandis que M. Lloyd George brandit son chapeau.

Puis c’est fini, les troupes défilent en jouant la Marche Lorraine. L’assistance officielle s’écoule, la foule s’approche. Je me penche une dernière fois sur le trou sacré que n’a pas encore recouvert la dalle et je regarde les fleurs qui recouvrent le chêne où dort un peu de poussière et tant de gloire. Il y a, parmi elles, une gerbe de roses écarlates qui est d’une grande beauté et où est épinglé un simple carré de papier. On y lit ces quatre lignes écrites à la main: « In gratitude to the brave soldiers of France, who saved Civilization, by their sacrifices. David Lloyd Georges » (En reconnaissance aux braves soldats de France qui sauvèrent la civilisation par leurs sacrifices)


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A noter, dans la série L’homme de l’année, le soldat inconnu serait un tirailleur indigène venu de Côte-d’Ivoire.

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A la fin de la Seconde Guerre mondiale (les 2 prochains développements ne figurent pas dans la BD), un bouclier en bronze est apposé devant le tombeau. Il représente l’insigne, une épée enflammée, de la Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force (SHAEF – Quartier général des forces alliées en Europe nord-occidentale), autrement dit, l’ancêtre du Shape, le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe, d’abord installé en région parisienne avant de rejoindre Mons, en Belgique. De chaque côté une inscription, « The Allied Expeditionary Force – 25 August 1944 » à gauche et « Corps Expéditionnaire Allié – 25 août 1944 » qui fait référence à la libération de Paris.LADTFDLN46
LADTFDLN48LADTFDLN47A gauche, le patch d’épaule du SHAEF. L’épée symbolise les forces communes alliées coalisées contre l’occupation des nazis en Europe qui la plonge dans l’obscurité de la nuit (le noir). L’arc-en-ciel symbolise l’espérance de la libération de celle-ci par les alliés (multiples couleurs). A droite, l’insigne du SHAPE.

De plus, sur le sol, près du tombeau du soldat inconnu, plusieurs plaques de bronze commémorent des événements importants de l’histoire de France : la proclamation de la République, le 4 septembre 1870, le retour de l’Alsace-Lorraine, le 11 novembre 1918 et l’Appel du 18 juin 1940. Elles évoquent également le souvenir des combattants et des résistants de la Seconde Guerre Mondiale, ainsi que celui des « Morts pour la France » en Algérie, Tunisie et Maroc.

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Nous avons donc la tombe du Soldat Inconnu mais toujours pas de Flamme!

« Afin d’éviter l’oubli de ce beau symbole, Gabriel Boissy, journaliste à  l’Intransigeant, lance l’idée d’une Flamme du souvenir sur cette tombe. Deux ministres André Maginot à la Guerre et Léon Bérard à l’Instruction publique, secondés par Paul Léon, directeur des Beaux-Arts reprennent ce projet. Le plan de l’architecte Henri Favier [a priori inspiré par les feux follets vus dans les cimetières] est retenu et exécuté par [le ferronnier d’art alsacien et fondateur de la marque d’électroménager Edgar] Brandt. La Flamme surgit de la gueule d’un canon braqué vers le ciel encastré dans un bouclier [de bronze] renversé dont la surface ciselée est constituée par des épées formant une étoile [sur un lit de feuilles de chêne et de lauriers]  » (Source : site officiel de La Flamme)  Le procédé imaginé, une bouche à feu, permet à la flamme, alimentée par du gaz de ville de brûler par grand vent. A l’aide d’une épée, le socle mobile effectue une rotation qui augmente l’arrivée de gaz et provoque une montée de la flamme.

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« La flamme sacrée sous l’Arc de Triomphe fut ainsi allumée pour la première fois le 11 novembre 1923 à 18 heures par André Maginot, ministre de la guerre, tandis que les troupes du 5ème RI présentaient les armes et que la musique jouait la Marche funèbre de Chopin. Depuis cette date, la Flamme ne s’est jamais éteinte.
Chaque soir, à 18h30, la Flamme est ravivée par des représentants d’associations d’Anciens Combattants [depuis la proposition de 2 journalistes] ou d’associations dont le civisme est reconnu (telle que la Croix Rouge). Le cérémonial n’a jamais cessé, y compris pendant l’occupation, entre 1940 et 1944.  » (Source : site Chemins de mémoire)

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En 1976, l’adjudant chef Thuair, de la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris crée l’hymne Honneur au Soldat inconnu.

D’autres initiatives voient aussi le jour.

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J’ai eu à titre personnel plusieurs fois l’occasion d’assister à des ravivages de la Flamme. J’ai même eu l’honneur de participer directement à son ravivage, un souvenir particulièrement cher à mon coeur… et pour lequel je remercie chaleureusement JT et Navarre Sans Peur, l’amicale des Anciens du 5ème Régiment d’Infanterie.

LADTFDLN30L’Arc de Triomphe, Flamme de la Nation, Editions du Signe, 2013. 

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Retrouvez l’actualité de L’histoire en bulles sur tumblr et Facebook

1 – Le chantier de l’arc de triomphe de l’Étoile à travers le fonds Jules-Denis Thierry de la bibliothèque historique de la Ville de Paris

2 – Notice historique sur l’Arc de Triomphe et l’Etoile

3 – Le 12 juin 1942, un officier de la RAF largue un drapeau tricolore au-dessus de l’Arc de Triomphe

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4 – Le site de l’associationLa Flamme sous l’Arc de Triomphe, Flamme de la Nation

5 – Le soldat inconnu vivant

6 – Polémique autour du Soldat Inconnu

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