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RVCBAEn 2014, George Clooney réalise Monuments Men. Ce film à grand succès présente un aspect original de la Seconde guerre mondiale: la sauvegarde et le sauvetage des œuvres majeures de l’Europe au moment du Débarquement par une petite équipe de passionnés et de spécialistes. Le seul rôle féminin, incarné par l’excellente Cate Blanchette, Claire Simone, est une conservatrice du musée du Jeu de Paume à Paris. Cette dernière effectue un recensement des œuvres spoliées par les Nazis. Elle va également fournir de précieux renseignements sur les caches d’art allemandes. Ce personnage, Claire Simone, est une création directement inspirée d’un personnage bien réel: Rose Valland. Une notice biographique lui est d’ailleurs consacrée sur le site officiel des Monuments Men. C’est aussi à elle que la BD Capitaine Beaux-Arts est consacrée.

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Cate Blanchette dans Monuments Men

Capitaine Beaux-Arts est publié fin 2009, très certainement suite à une commande visant la promotion d’une exposition mettant en avant Rose Valland et qui s’est tenue au même moment au Centre d’histoire de la Résistance et de la Déportation à Lyon. La BD est d’ailleurs publiée avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.

Son nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, au sortir de la Seconde guerre mondiale, Rose Valland est un personnage incontournable de l’histoire de la récupération des œuvres en Europe.

Rosa Antonia Valland est née le 1er novembre en 1898 à Saint Etienne de Saint Geoirs en Isère dans le Dauphiné. Fille unique d’un maréchal ferrant, elle montre très tôt des dispositions pour les études et pour l’art, où elle excelle (dessin et peinture). Intelligente et travaillant durement, elle intègre l’Ecole Normale d’institutrices à Grenoble. Rosa Valland poursuit sa passion et s’inscrit à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Lyon puis de Paris. Au concours, elle est classée 6e sur plus de 300 candidats.

En 1932, à l’âge de 34 ans, Rosa enseigne l’histoire de l’art dans une école d’art appliqué de la ville de Paris. Parallèlement, elle devient attachée de conservation bénévole au musée des Ecoles étrangères contemporaines, situé au musée du Jeu de Paume des Tuileries. A ce titre, elle participe à l’organisation de toutes les grandes expositions d’art étranger et à la rédaction d’un certain nombre de catalogues d’exposition. Elle gagne donc en notoriété dans le monde de l’Art.

Malheureusement, la même année, sa mère, Rose décède. Elle décide donc, certainement en hommage à sa génitrice, de changer son prénom et adopte celui de Rose.

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Rose Valland, André Dézarrois et un gardien lors de l’accrochage ou du décrochage 1935 ©Archives des Musées nationaux

Le 28 septembre 1938, Jacques Jaujard (Jean Dujardin dans Monuments Men), sous-directeur des musées nationaux et de l’Ecole du Louvre, confie à Rose Valland le soin de veiller à la sécurité des collections et au fonctionnement du musée en l’absence du conservateur, pour cause de maladie.

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Jacques Jaujard

En août 1939, Hitler menace la Pologne. Jacques Jaujard pressent qu’en cas de guerre avec l’Allemagne et plus particulièrement de bombardement avec Paris, la « force de frappe » du Reich pourrait causer des dommages irréversibles sur les collections d’art telles que le Louvre. Il craint également la convoitise et le pillage de l’adversaire. Il ne semble pas faire réellement confiance aux politiques et quelques jours avant que la Seconde guerre mondiale n’éclate, il met au point l’évacuation des œuvres les plus précieuses du Louvre. Cette évacuation avait déjà été envisagée lors des premières crises politiques allemandes (avant la signature des accords de Munich en 1938).

Plus de 4 000 caisses, dont celle contenant la Joconde, vont ainsi être mises en sécurité dans le plus grand secret au château de Chambord dans un premier temps. Parmi ces œuvres se trouvent également 283 des peintures les plus significatives de l’Ecole de Paris, habituellement exposées au musée du Jeu de Paume.

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Extraits d’un reportage sur le sauvetage des collections du Louvre 1 2

Pour mettre en sécurité le reste des collections du musée du Jeu de Paume, faute de temps, Rose Valland fait aménager 2 pièces en sous-sol et y fait placer les 524 peintures et 92 sculptures restantes.

En septembre 1940, peu après l’Armistice, l’institut Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR), organisation culturelle du parti nazi dirigée par le ministre du Reich, Alfred Rosenberg, sous l’autorité directe d’Adolf Hitler, s’installe à Paris. Ce service a pour mission de confisquer les collections juives, franc-maçonniques ainsi que celles des adversaires du Reich. Son champ d’action ne se limite pas à la France mais couvre également la Belgique et les Pays-Bas. L’ERR est commandée par le colonel Kurt von Behr. Dans un premier temps il s’installe dans trois salles du musée du Louvre.

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Le colonel Kurt von Behr

Le pillage organisé des œuvres d’art

Rapidement, l’espace devient trop étroit. Aussi,les Allemands demandent un nouveau lieu de stockage: Jacques Jaujard est contraint de céder le musée du Jeu de Paume. Lors des négociations, le directeur des Musées nationaux obtient pour la forme l’établissement d’un inventaire contradictoire des œuvres en transit.

Le 30 octobre 1940, l’ERR s’installe au musée du Jeu de Paume qui devient un salon d’exposition du butin ainsi accumulé. Plus de 400 caisses chargées d’œuvres arrivent à ce moment sous les yeux incrédules de Rose qui assure la coordination du personnel français en charge de la maintenance du musée. On estime que 100 000 oeuvres auraient transité par le musée.

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©Dupuis

Le 1er novembre, Jaujard (d’après ses écrits), donne « l’ordre à Mademoiselle Valland […] de se maintenir coûte que coûte au musée du Jeu de Paume ».

Ainsi débute pour Rose un jeu trouble. « Pour sauver un peu de la beauté du monde » (Le front de l’art), elle fait usage de sa place privilégiée pour effectuer à la barbe des occupants allemands un recensement aussi précis que possible des œuvres en  transit. Elle note tout ce qu’elle peut sur des fiches et des carnets. Elle rend compte régulièrement des activités à Jaujard. Elle utilise largement ses connaissances en allemand bien qu’elle prétende officiellement ne rien entendre à cette langue.

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©Dupuis

« Tout ce que je voyais et entendais finissait par constituer dans le fichier de ma mémoire et de mes notes, une importante réserve, d’après laquelle je m’efforçais de connaître autant que possible les opérations et les projets de l’E.R.R. Tout était à surveiller et à retenir car on ne sait jamais sur le moment le détail qui comptera plus tard« (Le front de l’art).

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Notes en sténographie de Rose Valland (MAE/ARD/RA/carton 571 R 18), 1940 ©Ministère des Affaires étrangères

Rose prend d’énormes risques, subit la pression. Mais il en faut plus pour faire fléchir ce caractère déterminé. Malgré les menaces de mort et les renvois (4), contre vents et marées, elle continue sans fléchir sa mission.

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La « salle des Martyrs » au Jeu de Paume vers 1942 ©Service photographique de l’ERR à Paris, Archives des musées nationaux (030-438)

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Photographie de Rose Valland dans lamême  salle

Elle assiste ainsi impuissante à des destructions d’œuvres considérées comme « déviantes ». Elle consigne: « Les tableaux massacrés au séquestre du Louvre ont été ramenés au Jeu de Paume (un plein camion, environ 5 ou 600) et brûlés sous la surveillance allemande dans le jardin du musée de 11h à 15h. Impossible de rien sauver! ». De cet évènement, elle est le seul témoin et certains ont remis en cause sa datation.

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©Dupuis

Elle rend également compte des nombreuses visites (21) du Reichsmarschall Hermann Goering qui use du réseau Rosenberg pour augmenter ses collections personnelles. Goering place même un spécialiste permanent au sein du musée, chargé de repérer les pièces susceptibles de lui plaire: Bruno Lohse, historien de l’art, spécialiste des maîtres flamands et hollandais du XVIIe siècle.

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Goering et Lohse lors d’une visite d’après photo d’époque ©DupuisRVCBA18

©Archives des musées nationaux

Louvre archives

©Archives des musées nationaux

Extrait de rapport de Rose: « Le maréchal Goering emportera demain, dans son train particulier (le 4 décembre au soir) les statues provenant de l’hôtel Edouard de Rothschild et une cinquantaine de tableaux; beaucoup sont des tableaux impressionnistes ». 

Le 1er août 1944, Rose arrache les indicatifs de 5 wagons du train 40044 chargé de 148 caisses d’œuvres modernes du Jeu de Paume.

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©Dupuis

Avec le débarquement allié en Normandie, l’étau se desserre car les Allemands avisés commencent à évacuer Paris. Le 12 août 1944, elle note avec soulagement « C’est la fin des opérations du service Rosenberg ». Le 16, c’est au tour de la garde militaire qui quitte les lieux car il faut s’organiser face à une pression alliée croissante.

Mais Rose ne relâche pas sa vigilance. D’autant que le musée du Jeu de Paume se trouve sur la ligne de défense allemande.

Dès la reddition allemande, Rose se rapproche des Alliés pour attirer leur attention sur les dépôts d’art afin qu’ils soient épargnés par les bombardements… Elle alerte également sur l’existence du train-musée 40044 encore stationné en gare d’Aulnay-sous-Bois grâce aux actions de la Résistance. Le 22 août, il est repris par la 2DB du Général Leclerc. Parmi les soldats, le fils du marchand d’art Paul Rosenberg qui récupèrera plusieurs tableaux volés…  Les 148 caisses reviendront au musée pendant l’automne 1944. Peu de sources à ma connaissance font cependant mention de cet épisode de la Libération qui semble confidentiel…

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©Dupuis

Plans de sabotage des voies ferrées en région parisienne

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Le Général Leclerc et ses troupes de la 2ème DB, le 26 août 1944 sur sur les Champs-Elysées, après la libération de Paris ©AFP archives

Pourtant, l’action de Rose ne va pas s’arrêter là. Lors de la Libération de Paris, Rose est mise en contact avec James Rorimer (Matt Damon, James Granger dans Monuments Men), conservateur d’art médiéval au MET (Metropolitan Museum of Art) de New York, l’un des chefs de file de la section américaine des spécialistes de la conservation, les « Monuments Men ».

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James Rorimer ©Archives of American Art, Smithsonian Institution

Rose n’est pas réellement commode avec Rorimer mais cette collaboration est essentielle car Rose lui fournit des listes d’œuvres confisquées et l’aiguille entre autre sur les lieux potentiels de stockage en Bavière, en Autriche et en Tchécoslovaquie.

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©Dupuis

Dans ses souvenirs Survival, The salvage and protection of art in war, Rorimer décrit Rose en ces termes: « L’apparence qu’elle souhaitait se donner était celle d’une femme d’humeur changeante: par moments difficile, intrigante et sachant manier les artifices féminins mais, à chaque instant, son intégrité absolue et son entier dévouement à la France n’en étaient que trop évidents ». 

Dès novembre 1944, la Commission de Récupération Artistique est créée en France. Elle a pour mission d’étudier les problèmes liés à la récupération des biens et les déclarations des propriétaires spoliés. La commission s’installe tout naturellement au musée du Jeu de Paume et le poste de secrétaire revient à Rose.

Rose veut cependant agir plus directement en faveur du retour des biens confisqués en France. Le 4 mai 1945, elle rejoint ainsi l’Etat-major de la 1ère armée du Général de Lattre de Tassigny avec le grade de Lieutenant. Elle peut ainsi mener des enquêtes pour l’identification et le retour des biens culturels reconnus comme appartenant au patrimoine artistique français.

Le 28 avril 1945, l’armée américaine atteint le fameux château de Neuschwanstein, près de Füssen en Bavière.

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Rorimer, en arrière plan, supervise l’évacuation des chefs d’oeuvre ©National Archives and Records Administration/American Jewish Historical Society/Center for Jewish History

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©Thomas Carr Howe papers, Archives of American Art, Smithsonian Institution

Le 14 mai 1945, Rose se rend en Bavière. Elle manque de peu Rorimer en tournée d’inspection mais retrouve Lohse, caché dans une clinique de la ville.

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©Dupuis

Une grande partie des dépôts étant situés en zone américaine, Rose demandera à intégrer la 7ème armée américaine.

En juillet 1945, Rose devient l’agent de liaison entre la Commission de Récupération Artistique et le gouvernement français de la zone d’occupation en Allemagne.

En février 1946, elle assiste aux débats de la 52e journée des grands criminels de guerre à Nuremberg lors de la séance consacrée au pillage artistique.

C’est aussi au cours de l’année 1946 qu’on la détache auprès du Ministère des Affaires étrangères. On lui confie la section des Beaux-Arts de la délégation française à Berlin, ce qui lui confère l’autorité pour inspecter les musées allemands suspects et surtout lui permet d’engager des négociations avec les Soviétiques, responsables d’une des zones allemandes.

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La même année, Rose Valland, capitaine, reçoit la Légion d’Honneur et la Médaille de la Résistance française, croix de guerre. Elle note avec humour « l’éclat du ruban rouge améliore grandement mon battle-dress assez défraîchi ».

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Rose Valland au « point central de collecte » de Wiesbaden, 24 avril 1946 ©Thomas Carr Howe papers, Archives of American Art, Smithsonian Institution.

Grâce à sa ténacité, Rose obtient plusieurs laissez-passer qui lui permettent de se rendre en zone soviétique. Elle repère notamment environ 300 étendards volés au musée des Invalides qu’elle mettra 3 ans à récupérer.

A Karinhall, dans l’ancienne demeure de Goering, elle récupère un moulage de la Victoire de Samothrace. « Je le retrouvai – non  encore déballé de sa caisse à claire-voie – effrité et dissous par la pluie. Une pauvre Victoire de plâtre mou : alors que la véritable, toutes ailes déployées, était déjà revenue au Louvre ». 

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Rose Valland reçoit en 1948 la médaille de la Liberté des mains du général américain Tate « pour accomplissement méritoire ayant aidé les Etats-Unis dans la conduite de la guerre contre l’ennemi ».

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©DR

Le travail de Rose en Allemagne s’achève finalement en mars 1953. Entre-temps, elle a enfin été nommée conservateur des musées nationaux (1952).

Jusqu’à sa mort, dans le cadre de ses fonctions successives ou à titre privé, Rose poursuit inlassablement son travail de recouvrement. Elle s’éteint le 18 septembre 1980 à Ris-Orangis (Essonne). Un service religieux en sa mémoire sera célébré aux Invalides.

Aujourd’hui encore, le travail accompli par Rose Valland est utilisé par les spécialistes des commissions de restitution et d’indemnisation des victimes de spoliation de la Seconde Guerre mondiale.

Si j’ai voulu d’emblée vous présenter Rose Valland dans cet article, c’est pour pallier aux choix éditoriaux de la BD. En effet, l’album proposé par Dupuis, Capitaine Beaux-Arts, se découpe en 2 parties distinctes. La première partie est constituée de la BD à proprement parler. 22 pages qui se focalisent sur le travail effectué par Rose Valland sous l’Occupation, la plus documentée paradoxalement (Rose Valland a écrit et publié dès 1961 des mémoires sur cette partie, le Front de l’Art déjà cité, voir aussi plus bas, en annexe, la section 4 – Rose Valland au travers de ses écrits), la seconde partie est construite quant à elle à partir de documents d’époque, photographies et originaux. Elle est augmentée d’une chronologie thématique détaillée. Cette chronologie est découpée en plusieurs épisodes distincts précédant, pendant ou suivant la BD: les longues années d’apprentissage, les premiers pas dans le monde des beaux-arts, l’espionne du musée du Jeu de Paume, la libération du musée du Jeu de Paume, le Capitaine Beaux-Arts en Allemagne, le retour en France. Ce parti-pris peut laisser le lecteur un peu sur sa fin tant ce que l’on découvre sur son travail après guerre est passionnant. J’imagine néanmoins qu’en terme de transcription graphique, cela s’avérait moins dynamique et surtout moins attractif en tant que tel que l’épisode fondateur de l’engagement de Rose. Je me suis par ailleurs largement appuyée sur la chronologie augmentée de la BD pour constituer le parcours de Rose dans cet article.

Avec la dessinatrice Catel aux commandes, une habituée des BD consacrées aux femmes (Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges) et un scénario servi par une spécialiste de Rose Vallant, Emmanuelle Polack, la réalisation est aboutie, fouillée et attrayante. Le dessin demeure fidèle avec les témoignages ou les documents qui nous sont parvenus tout en permettant la touche de fantaisie et d’imagination nécessaires pour délivrer des messages plus universels.

On signalera que la BD n’élude rien: ni le caractère revêche de Rose ni des aspects de sa vie souvent passés sous silence dans d’autres ouvrages. Courageusement, la BD suggère brièvement et de manière habile l’homosexualité avérée de Rose Valland. Sa compagne de l’époque ne semble cependant pas être son grand amour, Joyce Heer, vraisemblablement connue après guerre.

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©Dupuis

La BD n’est pas le seul média qui a pu tirer profit de l’expérience atypique de Rose Valland. Ainsi, dès 1963,  les droits du livre de Rose, Le front de l’art, publié 2 ans plus tôt, sont achetés pour inspirer le film Le Train de John Frankenheimer sur le sauvetage du dernier convoi d’œuvres.

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Suzanne Flon est Mlle Villard alias Rose Valland dans le film de John Frankenheimer

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L’interprète avec son modèle

Si Rose Valland fait les délices de Hollywood, la reconnaissance de son travail devra pourtant attendre: elle n’est promue officier de la Légion d’Honneur qu’en 1969 et ce n’est qu’en 2005, qu’une plaque commémorative est apposée sur la façade du théâtre de ses exploits, le musée du Jeu de Paume.

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©Dupuis

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Discours du Ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, en 2005, lors de l’inauguration de la plaque.

A noter, le répertoire des biens spoliés se trouve sur un site baptisé du nom de Rose Valland.

En outre, Rose Valland n’était ni la seule française ou européenne à avoir participé au sauvetage des œuvres d’art (13 nationalités sont présentes) et encore moins la seule femme. L’une d’elles notamment, le Capitaine Edith Standen paraît avoir beaucoup travaillé avec Rose. En tous cas, elle apparaît sur un certain nombre de photographies à ses côtés.

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©Edith Standen Papers

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©Coll. Archives des musées nationaux

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©James J. Rorimer papers, Archives of American Art, Smithsonian Institution

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Enfin, Bruno Lohse a été condamné à 10 ans de prison par le tribunal de Nuremberg. Lohse réapparaît néanmoins à Munich dans les années 50 et mène une existence discrète, continuant d’exercer dans le domaine de l’Art!

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Dans le roman La table d’émeraude, Carla Montero rappelle les faits suivants à son propos:

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En 2007, on retrouvera même dans un coffre en Suisse loué par une de ses sociétés, des tableaux de maîtres: Monet, Renoir ou encore Pissarro…

Mais ce n’est rien par rapport aux 1 406 œuvres qui seront retrouvées chez Hildebrand Gurlitt, un autre agent allemand, à Munich en 2012.

Ce qui laisse encore présager de nombreuses énigmes et enquêtes à résoudre en perspective!

Pour résumer à mon sens combien, le rôle pédagogique de l’album de Dupuis et son sujet sont importants, je reproduit ici le propos d’Isabelle Doré-Rivé, directrice du CHRD (Centre d’histoire de la résistance et de la déportation) : « L’itinéraire de Rose Valland, attachée au musée du Jeu de Paume durant la guerre, constitue un témoignage marquant de la résistance qu’a su opposer le monde des musées aux convoitises allemandes sur le patrimoine artistique français. Cette histoire permet d’apporter un nouvel éclairage sur les enjeux économiques et culturels de la collaboration et met en évidence l’importance des spoliations subies par les familles juives.« 

J’espère qu’un travail similaire sera un jour mené à propos de Jacques Jaujard, autre grand oublié de la période…

« Lorsque vous regardez, ne pensez jamais ce que la peinture (ou n’importe quoi de ce monde) doit être, ou ce que beaucoup de gens voudraient qu’elle soit seulement. La peinture peut tout être. Elle peut être un clair de soleil en pleine bourrasque. Elle peut être un nuage d’orage. Elle peut être le pas d’un homme sur le chemin de la vie, ou, pourquoi pas un pied qui frappe le sol pour dire assez . Elle peut être l’air doux et rempli d’espérance du petit matin, ou l’aigre relent qui sort d’une prison. Les tâches de sang d’une blessure, ou le chant de tout un peuple dans le ciel bleu ou jaune. Elle peut être ce que nous sommes, ce qui est aujourd’hui, maintenant, ce qui sera toujours. Je vous invite à jouer, à regarder attentivement… je vous invite a penser ».
Antoni Tapies, La pratique de l’art.

Rose Valland, Capitaine Beaux-Arts, Dupuis, 2009.

1 – Ils en parlent

Sur Paris Match
Sur Sceneario.com
Sur BDGest
Sur Les lectures de Caro
Sur ActuaBD
Sur Bulle d’encre

2 – Aller plus loin

1. Article de Jean Guibal, conservateur en chef du patrimoine, directeur du Musée dauphinois dans l’Alpe
2. Dossier sur Musea, site de l’Université d’Angers et l’Université Virtuelle en Pays de la Loire 
3. Article de Véronique Chemla
4. Reportages vidéos sur Rose Valland regroupés sur le site Patrimoine en blog 
5. Une thèse sur la méthodologie employée par Rose Valland lors de son travail de récupération des œuvres 
6. Un site consacré à Rose Valland en anglais
7. Témoignage de Harry Ettlinger intinterprète James Rorimer et un des rares Monuments Men encore vivants dans le Point
8. Quelques exemples d’œuvres volées 
9. Manuscrits et livres précieux retrouvés en Allemagne : exposition, Paris, Bibliothèque nationale, 1949 / exposition organisée par la Commission de récupération artistique
10. Qu’est ce qu’un NMR
11. Le travail de la Commission pour l’Indemnisation des Victimes de Spoliation (CIVS). 
12. Les autres organismes internationaux s’occupant de récupération d’œuvres d’art spoliées
13. L’association La mémoire de Rose Valland
14. Un ouvrage de référence: Corinne Bouchoux, Rose Valland, la résistance au musée, Geste Editions, 2006. 
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15. Une fresque hommage dans le village natal de Rose 
16. La restitution des œuvres, un sujet toujours d’actualité 1 2 3
17. Les vrais héros derrière les personnages de Monuments Men

3 – Rose Valland au travers de ses écrits 

1. Rose Valland, de son vivant, écrira sur son expérience pendant et après la Seconde guerre mondiale dans un opus baptisé Le front de l’art.
2. 172 feuillets constituant les rapports et les notes inédites que Rose Valland adressa au directeur des Musées nationaux Jacques Jaujard ont été regroupés sous Les carnets de Rose Valland.
 
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