Étiquettes

, , , , , , , , , , ,



PUPDB3
PUPDB1PUPDB2Pyrénées, 1919, après 5 longues années passées sur le front, pendant la Première guerre mondiale, Félix Castelan est enfin de retour dans son village natal. Physiquement, il est marqué par le conflit: la moitié de son visage est dorénavant caché par un masque blanc qui cache la partie arrachée par un obus.

Seul rescapé de la mobilisation, il va devoir affronter les fantômes du passé, l’incompréhension, la peur des uns, la curiosité des autres. Pourtant, Félix veut aller de l’avant, il n’aspire qu’à retrouver sa paisible vie de famille, son épouse Esther et son fils Emile. Mais le sort s’acharne et rien ne va se dérouler comme il le pensait ou voulait…

Comment se reconstruire une vie après une longue absence pour cause de mobilisation sur le front? Comment faire accepter les séquelles indélébiles laissées par le conflit, surtout lorsqu’on est une « gueule cassée »? Voilà quelques unes des questions auxquelles tentent de répondre ce diptyque.

A mi-chemin entre le superbe La chambre des officiers (livre de Marc Dugain et adaptation cinématographique)  et l’affaire Martin Guerre (adaptée au cinéma avec Gérard Depardieu), Pour un peu de bonheur nous plonge dans les affres de la guerre, vers ses profondeurs les plus noires, pleines de secrets et d’expériences irracontables (mutineries, devoir de conscience, anarchisme, stress post-traumatique, folie…).

De courts flash-backs permettent de dresser un contraste entre la vie au front, soumise au danger constant et à la question de la survie et la vie à l’arrière, surtout dans des endroits reculés et donc beaucoup plus préservés. Sans jamais tomber dans l’atermoiement ou le délétère, le ton et l’atmosphère de cette mini-série semblent tout à fait réalistes et crédibles.

Le scénario, efficace, offre de nombreux rebondissements, surtout exposés dans le 2nd tome. Il montre qu’un épisode conflictuel ne s’arrête pas à l’armistice ou aux traités de paix mais conserve des échos longtemps après.

Enfin, ce scénario permet également de conclure sur de beaux pieds-de-nez à la fatalité et de rappeler qu’il y a toujours plus malheureux que soi. Il justifie parfaitement le choix du titre. Du « bel » ouvrage!

J’ai adoré le très instructif supplément de 8 pages consacré à la chirurgie maxillo-faciale inclus dans la 1ère édition. Il a été réalisé en collaboration avec le Val-de-Grâce et le service de Santé aux Armées.

PUPDB4

PUPDB5

©Bamboo

Quasiment en même temps que Pour un peu de bonheur sortait également le premier tome de la série (2 volumes) Gueules cassées. Je ne l’ai toujours pas acheté à ce jour car en le feuilletant, j’ai trouvé que le titre ne recoupait que très peu les thèmes abordés (profiteurs de guerre). Il faudra sans doute attendre le second volume pour un avis définitif.

GC

Bien entendu, il existe beaucoup d’autres BD sur les poilus et j’espère vous les faire partager au fur et à mesure. Pour autant, en ce qui concerne l’aspect « médical » du conflit, cette lecture peut être complétée éventuellement par la série Ambulance 13 sur le travail du service de santé.

A13

Il y a également le oneshot Vies tranchées, les soldats fous de la Grande Guerre.

VT

A partir de documents d’époque inédits découvert par Hubert Bieser, professionnel de la psychiatrie et historien en santé mentale, ce collectif rassemble 16 courts récits basés sur autant de cas cliniques.

Pour un peu de bonheur, Tome 1 Félix, Tome 2 Aurélien, Bamboo.

1 – Ils en parlent

Sur Actua BD T1T2
Sur Histoire pour tous T1T2
Sur le Blog BD de Manuel Picaud
Sur Miss Alfie, croqueuse de livres
Sur Ligne claire

2 – Entretien avec le dessinateur A. Dan

3 – En savoir plus sur la reconstruction faciale à l’époque, sur le service de santé aux armées, les techniques de chirurgie… ou encore visiter le musée du Val-de-Grâce

4 – Revivre la lutte pour la reconnaissance des droits à la pension d’invalidité avec la Marche de l’histoire sur France Inter

5 – Les « gueules cassées », une fatalité toujours d’actualité

Un exemple récent en Irak.

Publicités