Étiquettes

, , , , , , , , , , ,

« Au Vème siècle, alors que l’empire romain est en proie à de fortes SHYtensions religieuses, Hypathie, philosophe, savante, est la seule femme à avoir l’oreille du préfet d’Alexandrie. Son combat pour la paix et la liberté lui coûtera la vie et fera d’elle une des premières sorcières de l’Histoire. »

Le destin d’une femme hors du commun ( ? – En tous cas, une vie sur laquelle on possède des sources et des documents) à une période charnière du développement du christianisme au sein de l’empire romain. L’album retrace le parcours d’Hypathie dans un premier temps au travers de flashbacks provoqués par des conversations de l' »héroïne » avec un de ses serviteurs puis dans un deuxième temps, évoque la série d’événements qui vont tragiquement précipiter la perte de ce libre esprit aux concepts un peu trop révolutionnaires.

Usant d’un graphisme aux tons pastels et emplit de douceur, la BD nous fait découvrir les différentes facettes de ce personnage, sa passion pour les mathématiques, sa soif de connaissances et sa quête de la compréhension des phénomènes naturelles, en particulier en ce qui concerne ce qui deviendra l’astrophysique. Parallèlement, on vit les « tourments »  d’un monde en proie au doute et avec l’émergence de nouvelles croyances, les tiraillements des uns et des autres.  C’est ainsi qu’un esprit éclairé prônant la tolérance est malgré elle victime de l’obscurantisme.

Ce qui m’a moins plu :

–       Les yeux des personnages sont dessinés avec des gros traits, ce qui donne souvent un regard inquiétant et gâche un peu le déchiffrage des expressions ;

–       Le fait que cette biographie soit éditée dans la série « Sorcières » de Dupuis donne un aspect très catégorique au jugement porté sur ce personnage par ses contemporains en même temps qu’il accrédite ce qualificatif pour expliquer la fin tragique de cette femme. Mais le débat ne portait-il pas d’abord sur des conceptions religieuses plus profondes? Je trouve qu’à cet égard, le film Agora d’Alejandro Amenabar (avec Rachel Weisz), sorti peu avant cet album, est beaucoup plus nuancé, même s’il offre un regard plus politisé. En cela, à mon sens, ce film évite de tomber dans des écueils grossiers et de donner la part belle à une vox populi faible, manipulée et décrite de manière trop simpliste.  Il est d’ailleurs assez intéressant d’observer les rapprochements et les divergences de ces 2 œuvres qui traitent du même sujet.

SHY2

©Dupuis

Hypathie, Dupuis, 2010. 

1 – Sur Hypathie

2 – Ils en parlent

Publicités