Étiquettes

, , , , , , ,

 

« ESLPDMn 1870, Auguste Mariette est à Paris pour réaliser les décors et les costumes du futur opéra « Aïda ». C’est l’occasion pour lui de raconter quelle fut sa vie aux décorateurs avec qui il travaille.
Sur les pas de Mariette est donc un récit à la première personne, qui s’adresse à tous, et qui allie la découverte de la vie de Mariette aux plaisirs de la lecture et de l’image.
Des paysages d’Egypte à la France de Napoléon III, des différents complots complots aux extraordinaires découvertes, du romantisme au romanesque…, la vie de Mariette est une aventure qui ne demandait qu’a être mise en images.« 
Quatrième de couverture

Un ouvrage en auto-édition découvert lors d’un passage par la librairie des Editions du Triomphe. Une très belle initiative puisque le dessinateur Winoc a souhaité relever le défi de présenter l’illustre égyptologue aux Boulonnais après avoir constaté en la matière et sur une commande du Lycée du même nom à Boulogne-sur-mer (la ville natale de Mariette). Des remparts de la vieille citadelle au sable chaud de l’Egypte, Mariette, professeur de Lettres et de dessin, va peu à peu tomber fou amoureux de cette contrée exotique pleine de secrets qui ne demandent qu’à être révélés. A l’origine de ce violon d’Ingres, il récupère de vieux documents dans une malle transmise par le Louvre à son père car constituant le seul héritage laissé par un cousin, Nestor L’Hôte, dessinateur de Champollion.

Dès lors, Mariette est « tout à l’Egypte, elle est tout pour [lui] » (Champollion), au point même de laisser derrière lui femme et enfants pour ce qui devait être une simple mission de quelques semaines et se changera en séjour quasi-permanent.

Le fil conducteur de l’ouvrage pendant toute sa première partie: les nombreuses lettres que s’échangent Mariette et son épouse qui demeurera longtemps en base arrière. Ils n’en rendent la BD que plus touchante. D’autant qu’elles constituent l’un de ses seuls liens avec la mère patrie, une France agitée par de nombreux soubresauts politiques. Ceux-là même qui « permettront » la naissance du Second Empire.

L’avènement de ce nouveau régime ne sera pas innocent pour notre homme qui constituera l’un des principaux « ambassadeurs » et « passeurs de mémoire » entre l’Empire français et Saïd Pacha. Il n’est donc pas innocent qu’il ait été élevé à la distinction de Bey puis de Pacha.

L’ouvrage décrit surtout le combat permanent de Mariette pour la préservation des « antiquités », ce qui aboutira entre autre à la création du célèbre Musée du Caire. On lui doit aussi de nombreuses recherches et découvertes telles que le Sérapéum.

Les anecdotes sont nombreuses et rendent le récit très vivant et coloré pour conter cette terre si rude qui, en amante jalouse, lui arrachera sa femme et 3 de leurs enfants.

L’ensemble, très fouillé, est au final réussi, ludique et captivant tout comme son sujet dont on entrevoit les combats, les victoires mais également sans tentative de jugement, les zones d’ombre et les faiblesses.

« Ma chérie. Je te parlais d’Egypte, tu me disais ton amour. Je citais le nom des pharaons, tu me chuchotais des mots tendres. Je m’enflammais pour ces dynasties passées, tu m’apaisais de ton sourire… Tu m’as soutenu dans ma passion, et j’ai l’impression de ne t’avoir jamais dit je t’aime. T’ai-je seulement remerciée une seule fois?… La maladie me ronge et je pense te rejoindre bientôt. C’est promis, là-haut nous ne parlerons plus d’Egypte. Nous vivrons la joie de l’amour immortel. Ton Auguste qui t’aime. » 
 Lettre (virtuelle) d’un Mariette épuisé à son épouse telle qu’imaginée dans la BD

SLPDM2

©Winoc

Sur les pas de Mariette, Winoc, 2011.

1 – Quelques pages à feuilleter virtuellement

2 – Un avis sur la BD

3 – A propos de Mariette

Publicités