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LSIV Cette adaptation en BD du livre de Jean Yves Le Naour, historien spécialisé de la Première guerre mondiale  (Le Soldat inconnu vivant, 1918-1942) traite d’une affaire réelle qu’on pourrait à première vue considérer comme un banal fait divers: Anthelme Mangin, un soldat est revenu amnésique du front. Il débarque du « train des éclopés » le 1er février 1918 à la gare de Lyon-Brotteaux. Il atterrit finalement à l’asile de Rodez. Ce que personne ne pouvait deviner, c’est que ce serait alors une folle aventure qui débuterait afin de déterminer l’identité du pauvre hère. Celle-ci malheureusement n’aboutira pas de son vivant et se poursuit même encore aujourd’hui grâce aux innovations scientifiques telles que la possibilité d’analyser l’ADN des restes de la dépouille.

L’intensité et la particularité de cette œuvre se ressentent  jusque dans le format d’édition qui fait écho à un dessin en noir et blanc adopté par un dessinateur talentueux et au coup de crayon très efficace mêlé à de l’encre de chine, ce qui n’enlève rien à l’intérêt de l’ouvrage.

Le point de vue adopté consiste à mettre en lumière le travail mené par le docteur Fenayrou qui tentera aux travers d’une multitude d’expériences (parfois complètement insensées) de percer le mystère de cet homme quasiment insondable et figé dans un mutisme insoutenable.

Ce qui est touchant et dérangeant à la fois, c’est la véritable bataille à laquelle vont se livrer des centaines de familles, toutes persuadées qu’il s’agit d’un être cher disparu. Leur fanatisme fait peu cas des évidentes différences physiques (taille, marques…) tant leur espoir est grand.  Heureusement, l’esprit cartésien du docteur veille… Il ne cédera ni aux pressions ni au désespoir des prétendues familles.

Au fil du récit, le lecteur ne peut que se sentir solidaire avec cet être pour lequel on éprouve de la sympathie et de la compassion.

En lisant cette BD, je n’ai pu m’empêcher de faire un certain parallèle avec le très troublant film, Le retour de Martin Guerre, magistralement servi par l’interprétation de Gérard Depardieu. Autre époque, scénario un peu différent mais même malaise…

Aujourd’hui où les efforts pour valoriser des actions telles que celles de la CABAT au profit des blessés de l’Armée de Terre, la lecture de cet ouvrage ne peut que renforcer la conviction qu’une prise en charge de nos soldats est indispensable. Que de progrès effectués dans le domaine des blessures « invisibles » et des chocs post-traumatiques.

L’éclairage sur le vécu et la détresse de ceux de l’arrière est relativement inédite et très touchante. Une véritable réussite de ce point de vue.

Le site de l’éditeur est particulièrement intéressant à consulter car il offre un aperçu de la BD sous un format vidéo animé et sonore très représentatif de l’œuvre.

Malheureusement, le lien qui permettait de visualiser le rapport médico-légal de l’individu n’existe plus.

LSIC2

©Roymodus

Le soldat inconnu vivant, Roymodus, 2012.
 

1 – Un petit résumé de l’histoire 

2 – Ils en parlent

3 – Pour aller plus loin

4 –  Interviews de Jean-Yves Le Naour

 5 – Une histoire qui inspire

Sans compter les recherches menées par Jean-Yves Le Naour, cette histoire a notamment fait l’objet d’un documentaire et d’un livre numérique. Elle a également inspiré une pièce de Jean Anouilh, Le voyageur sans bagages.

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