Charles IX, le retour…

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Une fois encore, je ne peux m’empêcher de partager un truculent passage de Charly 9 à l’occasion du 1er mai. Je n’y peux rien si cette adaptation BD du roman de Jean Teulé s’adapte une nouvelle fois comme un Charly-9gant à l’actualité! 

Dans ce nouvel extrait, Jean Teulé et Richard Guérineau reviennent sur une « tradition » populaire qui attribue au roi Charles IX le fait d’offrir du muguet à l’occasion du 1er mai. Celle-ci se situe à la croisée de plusieurs pratiques:

  1. Depuis l’antiquité romaine, on avait l’habitude de suspendre des couronnes de fleurs à l’entrée des demeures et d’offrir une branche de plante ou d’arbuste afin de chasser la « malédiction » de l’hiver.
  2. Plante parfois associée à la Vierge, le muguet est censé être un porte-bonheur. Ces clochettes seraient nées des larmes versées par Marie au pied de la Croix. Quoiqu’il en soit, muguet dérive du latin « mauis » ou mai du fait du mois de sa floraison. 

A partir de là, les versions divergent : on raconte ainsi qu’en 1560, le roi se vit offrir un brin de muguet à l’occasion d’une visite dans la Drôme. Dans la région de Tricastin, un chevalier, Louis de Girard de Maisonforte, en ôta une de son jardin pour en faire don à son souverain. Une autre version, veut elle, qu’un espion de Catherine de Médicis, le chevalier de Saint-Paul-Trois-Châteaux (donc originaire lui aussi de la Drôme), offre au roi à la cour de Fontainebleau un bouquet de muguet au retour d’une mission. 

Quoiqu’il en soit, l’année suivante, Charles IX aurait à son tour décidé d’en offrir aux dames de la Cour en déclarant «Qu’il en soit fait ainsi chaque année».

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Pages 74 à 75 ©Delcourt / Mirages

Même si Jean Teulé s’est appuyé sur des sources historiques ou des ouvrages spécialisés sur la période (il présente d’ailleurs une courte bibliographie à la fin de son roman), je n’ai pas trouvé d’éléments probants se rapportant à l’empoisonnement des sujets du roi Charles IX par le biais de l’initiative malheureuse de leur souverain. Néanmoins, tout comme pour le 1er avril, le tout est tellement bien présenté, qu’à la lecture, on se dit : et pourquoi pas?